Historique

 

Comme les nombreux Savigny du Nord et de l’Est de la France, et les Savignac du Sud, le nom de ce village vient du gentilice  Savinices =  Sabinius, d’ou  Savinicicum 1165, Savigniacum 1240. En français Savigné , 1347 , Savigny sur Aisne à partir du  XVI et Savigny en rethelois Savignegum, 1316 . Ce village s’étend pittoresquement dans une une encoche des hauteurs qui dominent la Vallée de l’Aisne , elles atteignent 152 m en haut de la côte de Bagot . Les vignes couvraient jadis les flancs des collines tournées à l’Est ; il y en avait 2 groupes , au nord et au sud du village . Elles sont déjà signalés dans les titres du  XIV  . En 1449 , le pressoir rapportait au seigneur 3 queues de vin , valant 3 fr la queue (environ 11 hectolitres ) . En 1870 elles occupaient encore 38 hectares—étaient tombées à 4 à la fin du XIX et ont complètement disparu . En revanche, l’industrie de la vannerie a pris à Savigny une grande extension. L’humidité de la vallée de l’Aisne surtout entre celle-ci et la fausse rivière , favorise la culture de l’osier . Une trentaine de vanniers fabriquent surtout des paniers de champagne. Nous n’avons pas sur ce village , de document antérieur au milieu du XII éme siècle . En 1161 , Wirricus, seigneur de Savigny , s’accorde avec l’abbé de Belval à propos des dîmes . Malheureusement , nous ne connaissons que le titre de cet accord . En 1175 l’abbaye de Gorge cède à Belval  de Mediomonte et ce qu’elle possède à Savigny . C’est encore dans les archives de Belval le nom de Guy ( Guido ) de Savigny , chevalier, qui fonde le village de longwé, d’accord avec l’abbé de Belval , sur un fief appartenant à Guy  et à Hugues, Comte de Rethel. Cette dualité nous allons la retrouver dans tout le moyen âge et même à postérieurement : la seigneurie de Savigny est partagée par moitié entre le Comte de Rethel et le seigneur local qui doit foi et hommage au Comte : Savigny , ville en domaine pour moitié dit le terrier de Rethel du XIV éme siècle . Guy est signalé comme frère de Gervais de condé et Henriette fille de Nic. De Benne , dans un acte de St Denis , 1227. Guyot , probablement petit fils de Guy , paraît avoir eu une certaine importance dans le Rethelois : il est témoin dans une vente de Beauduin d’Orchimon à l’abbay de Belval , pleige dans une autre vente de 1316 à Louis de Flandres. Un peu après ( V 1325), il fait un aveu pour sa maison , la justice et ce qui tiennent à lui «  Marie sa sœur »  et Yszabeau, Veuve de Perard de Singly. Il mourut peu après , car sa sœur Agnès de St Mart fait à son tour un aveu même année 1325. Ce même Guyot est cité les archives de la commanderie de Boult . Il reconnaît en avril 1323 ,que les Templier au temps qu’ils régnaient , estaient de grande ancienneté pour cause de la maison de la chambre aux loups , en possession de prendre chaque an sur les terrages de  Savigny qui m’appartiennent 8 setiers (entre 150 et 300 litres) de blé ( moitié froment , moitié avoine ) qui doivent être versé à la maison de la chambre aux loups, laquelle présentement appartient à religieux hommes, au maître et aux frères de l’Hospital de Saint-Jean de Jérusalem . Guyot s’engage à payer sa part de ce terrage , soit moitié.

L’aveu de Agnès de St Mart (1325) , mentionne : 1/2 de la justice , la maison et ses dépendances , 69 jours de terre labourable , 31 fauchées de pré , 10 sols de  cens, 31 hommes et femmes , 8 setiers  de blé sur les terrages , 21 jours de terre ‘des terrages mouvant’, ce que tiennent Penesson de St Marc et Poncelet de Sugny et 1/2 du moulin de Mayange. A la même époque , par alliance probablement, des parcelles de seigneurie étaient à Jean d’Olizy, à Jean de Vrizy . Celui pour cause de « Douaire », de  sa femme  probablement , avoue tenir la maison de Savigny , 6 jours de vigne , dans son enclos, plus une pièce de vigne dite : La Plante, de dix quartels , il a en plus 180 jours de terre , 1/2 de la justice , 70 sols de cens , 4 livres sur les dîmes et terrages (1347). En 1348, c’est Guillemin de Savigny qui produit son aveu et dénombrement : 1/2 du moulin de Mayange , ce qui tient de Jean de Vrizy , 28 setiers de froment , et redevance indiquée pour la première fois : 28 et 16 öres pour les assises des hommes . La fille Jean d’Olizy ayant épousé Husson de Faux , celle-ci possède des revenus estimés XII  livres (1350) .Guillaume , fils probable de Guillemin produit un dénombrement analogue à celui de son père , en 1377; il y a 180 jours de terre , 44 fauchées de pré ; 10 setiers de froment , 10 oies, et 12 gélines , 1/2 des corvées du moulin de Mayange . C’est encore à cause de sa femme qu’un certain Jehan de Janny tient à Savigny un fief relevant de Béatrice de Saarebruck dame de Hans (1375). La fin du XIV nous donne les noms de Guillaume (1375) Raulin (1392) , Guyot (id) et de Beatrix de château Allain Veuve d’Erart de Saulx , seigneur d’Olisy (1398) qui possède à Savigny une maison avec vignes , des terres , prés et terrages (1408) ; la moitié seigneuriale est alors divisée entre lui et guyot, son oncle. Viennent ensuite Raulin et Philippe ; celui-ci devient seigneur de Guignicourt par son mariage avec Catherine de Guignicourt. Il possédait aussi le château de Savigny avec pressoir , 2 petits viviers , 120 jours de terre , 80 fauchées de pré s , 1/2 moulin ruiné ( Mayange ?), 6 jours 1/2 de vignes , 1/9 de dîmes.
Les Hans , comme seigneurs d’Olisy , continuaient à sous-féoder une  propriété valant 60 sols et quelques redevances
( 1456).
A partir de cette époque la filiation des seigneurs de Savigny s’établissent plus facilement. Gaucher de Savigny était seigneur de cette localité  par indivis avec le comte de Rethel en 1480; en 1464, il avait épousé Jeanne Deschamps fille de Jacques, seigneur d’Olizy et de Poncette de Vaux. Leur fils valentin, vécu fort vieux , il aurait même dépassé la centaine , si on en croit une note des dossiers bleus ; mais il est mort en 1564 et ne peut être né avant 1464 ou 1465 ; il ne pouvait donc être centenaire en 1562 comme l’avance la note indiquée . Il rendit foi et hommage au comte de Rethel en 1533, 1535, 1546. En 1530, il lou à Landéves le domaine de Roches pour 15 sols annuels; sa moitié lui rapportait 72 livres,
11s , 6x.. Il fut un fidèle serviteur du roi: surintendant en garnison en champagne 1544, il récrit en 1550 une lettre flatteuse de Henri II constatant les services rendus par lui dans l’entreprise de Linchamps , cette même année Valentin eut successivement 4 femmes . De la première Madeleine du Puys , fille d’un seigneur d’Aunigeux qu’il avait épousée le 22 avril 1576, il eut un fils Oger qui continua sa descendance et qui paraît avoir embrasser la réforme; de la seconde  femme , Marguerite de Patrice , sont issus les Savigny de Lorraine , Ici une confusion possible . Il y avait en Lorraine  une importante famille de Savigny qui portait dans ses armes trois lions couronnés : un membre de cette famille , Christian , Maréchal de Lorraine épousa 1572 Antoinette d’Angure, fille d’un Comte d’Étages . Leur petit-fils Saladin d’Anglure de Savigny , Comte d’Étages , B d’Anglure et de Rosne, s’unit  à Angélique Braux , d’où Antoine - Nicolas et Louice—Marie Angélique qui épousa en 1667 Charles , Comte d’Autry Seigneur de Genicourt : La proximité d’Autry et se Savigny pourrait prêter à erreur. D’un autre coté , les descendant de Valentin , fixés en Lorraine y conservèrent le nom de Savigny en Rethelois pour les distingués des Savigny aux Lions .

De la Quatrième femme de Valentin naquit Christophe de Savigny l’ingénieux et savant auteur des tableaux accomplis des arts libéraux. Nous avons la preuve que Christophe était de la religion réformée . Quand à Valentin , il était resté catholique , puisqu’il fut  enterré dans l’Église avec ses quatre femmes .

Il y eut un autre Savigny de même prénom , Ecuyer , enterré dans l’Église de Mézières en 1573. Ce peut être le fils aîné de Oger et de Marguerite de Rouvroy qui aurait eu 19 ans environ à cette époque  , et n’était qu’écuyer , son père étant vivant . Son second frère Jacques continue la lignée , il était aussi Seigneur de Montcheutin .

D’un premier mariage avec Madeleine de Nettancourt, il eut une fille Suzanne , qui épousa 1596 Christophe de Tranchée: d’ou passage dans cette famille de quelques droit sur Savigny.

Le mariage , 1596, de Suzanne de Savigny avec Christophe de Tranchée donna à ce dernier une part de la Seigneurie de ce village . Une descendance Anne de la Tranchée épousa à Savigny le 6 octobre 1704, George - François de Mouzay , qui habitait alors Autrecourt : tandis que Suzanne - Madeleine sœur probablement épousait en 1715 Charles de Lecuyer Seigneur de Montgon.

Sa seconde femme , Jeanne des Morins se remaria en 1596 avec Jean De Constant, Jacques étant mort en 1592. Son fils Jacques 2 était encore mineur. Il épousa Claude de Villiers, fille de Robert, seigneur d’Estrepigny et en eut 5 enfants. Il était mort en 1927.

Le fils aîné Antoine était lieutenant colonel, en 1653, au régiment de Lingey, puis major au régiment des Marins, 1666. Le 19 juillet 1638, il épousa Guillemette de Failly, fille de Charles seigneur de la Vienne.

Jean 1, sans soute son oncle, mari de Philippe Deschamp en 1600, est mort en 1622 d’où Jean 2 qui épousa Claude des Laires vers 1630. Jean 3 naquit en 1644 épousa Louise de Vadenay et mourut en 1710. On trouve encore un autre Jean qui vivait en 1719. Il était Capitaine au régiment d’Eschepy et Chevalier de Saint Louis. Ce pourait être le dernier représentant mâle de la vieille famille dont nous venons de suivre la filiation depuis cinq siècles et demi.

Les alliances avaient dissocié la seigneurie qui, en septembre 1730, appartenait aux quatre personnages suivants:

Charles de Lescuyer, fils de Louis, seigneur de Montgon.

Jeanne de Coustre, veuve de Claude de Verrières, seigneur du Mont de Jeu.

Madeleine de Rudaval, veuve de Gédéon de Vassinhac.

Françoise de Valot, veuve de Roland de Mecquenem qui va posséder la grosse part.

Charles de Coustre, qui avait épousé madeleine de Melin, était seigneur de Noirval et de Savigny en partie. Sa fille Jeanne épousa en 1694, Jean de Mecquenem ou Meckenhein, qui se titre Vicomte de Savigny (1664-1708).

Son cousin, Roland de M. (décédé en 1718), seigneur d’Artaize et Semide, avait épousé aussi une Melin, Madeleine, fille de Philippe, seigneur de Savigny et veuve de Charles de Coustre, ci-dessus. Encore un des seigneurs de Savigny.Il n’eut que des filles.

Jean eut, de son côté, deux fils, Charles (1699-1746) et Louis, qui continua la descendance de seigneurs de Savigny. Il fut porte étendard des Gardes du Corps, Chevalier de Saint Louis, épousa Marie marguerite de Graffeuil en 1749, fit constater le 2 septembre 1778 par deux notaires de Vouziers, les restes d’une litre

« Qui était cy-devant autour de l’Eglise de Savigny ». Il était encore vivant en 1789. Il avait marié sa fille Jeanne Françoise à Jean Joseph de Villiers, seigneur de Bailla (décédé en1837).

 CHATEAU

 La « maison » de Savigny est citée dans les aveux du 14e siècle. Celui de Philippe, en 1409, en donne une description un peu plus précise :

« Une haulte maison avec les estables, le colombier, le jardin, la grange avec le parsoir (pressoir) étant en la cour de la dicte maison ».

Il y a, comme dépendances, une vigne, un verger. Ce château était à l’est du village en un lieu encore appelé « Le Château ». Puis, la division de la seigneurie amena la construction, d’une autre demeure seigneuriale qui devait être plus rapprochée de l’église. Le curé Jérôme Lafrique, répondan0t à l’enquête de 1678, dit qu’il existe « deux maisons de noblesse où il y a dix personnes Huguenotes et deux autres maisons où ily a 5 ou 6 personnes. Ils tiennent leurs assemblées ou prêches, chez le seigneur de Savigny de Broyon et au dit lieu… (ici un blanc) dans l’étendue de la paroisse de Savigny. Ils ne font pas de scandale ».

Non loin du lieudit Le Château, est celui de la Potence.

En 1789 : Grande maison seigneuriale à vendre avec 130 arpents de terre, 26 fauchées de prés ».

 EGLISE

 On a vu que dès 1161, l’abbaye de Belval avait des dîmes sur Savigny et que, quatorze ans plus tard, elle y ajoutait ce que l’abbaye de Gorze avait sur le terroir. Ces biens furent rattachés au prieuré de Crécy.

La Commanderie de Reims était le plus gros décimateur. Voici ce que dit un acte de 1584 :

«  Sur toutes les dîmes, grosses et menues, le Commandeur a droit de prendre la moitié, un huitième moins, car sur quarante septiers de blé, le dit seigneur commandeur prend 17 sept.1/2 et les 22 sept.1/2 qui demeurent se partagent entre les autres parsonniers. Toutes les dîmes  sont chargées :

Les dites dîmes doivent en commun au seigneur commandeur 15 set. de blé.

A la Chambre aux Loups : 24 set de blé.

A Crécy : 7 set de blé.

Au marguillier de la ville : 3 set de blé »

En plus, le commandeur, qui était patron de la paroisse, prenait deux parts des offrandes aux trois fêtes solennelles.

Il devait entretenir la couverture du cancel de l’église de clous, lattes, tuiles et aissiz.

Au siècle suivant, le partage est différent. Sur 13 parts, le commandeur de Reims en a 7, la Fabrique 2, le Chapitre de Saint Nourrice 1, un chapelain de l’ancienne congrégation 1, le curé 2. Celui-ci touche en plus ½ de la dîme de saint Morel et 8 set du préciput sur la grosse dîme.

Le chœur et le cancel sont entretenus par le commandeur. La Nef par la Fabrique, Sainte Nourrice et le Chapelain. Le clocher par les habitants.

On remarquera les parts de la Chambre aux Loups et de sainte Nourrice. La Chambre aux Loups était une possession des Hospitaliers de Boult. A ce titre, ils percevaient, de grande ancienneté, dit un titre de 1323, 8 sétiers de blé sur les terrages de Savigny, redevance que les seigneurs devaient verser à la Chambre aux Loups.

En 1408, les Hospitaliers réclamaient, de Landèves, une rente de 2 sétiers de seigle sur la terre des Roches (Savigny de Falaise) «  à cause de leur terre de Savigny ».

En 1663, leur terre leur rapportait 28 livres. En 1666, elles valent 150 francs, représentant 11 set.1/2 de froment et autant d’avoine. L’accroissement a été rapide.

En 1742, la même quantité de grains représente leur part dans les dîmes.

En 1778, celle-ci est affermée pour 170 f.

Quant au chapitre de sainte Nourrice ou de Saint Balsamée de Reims, il prétendait posséder, au 14e siècle, toute la grosse dîme, soit 80 setiers de blé et la menue valant 10 livres. De plus, le chapitre avait, un jour de tête, rapportant annuellement 8 sétiers de blé, ½ d’avoine, ¼ de froment, ¼ de seigle.

On voit que tout cela était fort compliqué et variant avec le temps. Il faut encore mentionner, comme possesseur à Savigny, l’Abbaye de saint Denis de Reims. En 1987, elle donne « à surcens perpétuel » 3 arpents ½ de terre proche le village de Savigny, au curé d’alors «  Maître Hierosme Lafrique, curé de Savigny, seigneur de Savigny, Aguilcourt, Orinville, Renneval et Patron de Taisy ». Ce curé était seigneur à bon compte comme possesseur de ces trois arpents ½ que ses héritiers revendirent le 9 mai 1715 à Hubert Gilbert, laboureur de Saint Morel. Celui-ci s’engage à payer les cens au prieur de Grandpré (dépendant de Saint Denis). Ce dernier, à cause de ses terres, d’une maison avec jardin et chènevières prétendait même avoir le droit d’élire un maire..

Le curé, avec les dîmes et le produit d’une cens que lui abandonnait la Fabrique, avait un revenu de 600 livres.

L’EGLISE, entourée de l’ancien cimetière, est sur un tertre où on accède par une vingtaine de marches. C’estr une des plus intéressante de la vallée de l’Aisne. Elle est b^tie sur le type des édifices du début du 16e dans cette région. Le vaisseau comprend une nef à trois travées, deux bas-côtés, les transepts et un chœur à 5 pans. Il est étayé de contreforts ornés de sculptures. Sur la façade, les deux contreforts qui encadrent le portail portent des enfants dont l’un tient un masque. Au sud, contrefort à pinacle et gargouille. A l’est, animal qui peut être un sanglier. Au nord, pinacle et gargouille.

Au dessus de la première travée de la nef, s’élève une tour carrée, en bois, avec flèche à huit pans cantonnée de quatre clochetons. Une cloche fut refondue en 1773 par Nicolas Josselin de Chevresson, de Marvilly, moyennant 190 livres. Elle disparut probablement à la révolution.

A gauche du portail, une tourelle carrée terminée par un toit à quatre pans. Symétriquement, aux trois autres angles de l’édifice, échauguettes, embiques ou hourds en encorbellement. Le système défensif est complété par un mâchicoulis à gauche de la porte septentrionale.

Le portail principal s’ouvre entre deux contreforts. Il est constitué par une grande voussure ogivale ornementée d’une double guirlande de feuilles profondément découpées  qu’animent des animaux fantastiques, des pommes de pins. La moulure extérieure garnie de crosses s’amortit en un fleuron bien fouillé. L’ogive est encadrée dans deux pinacles réunis en haut par une moulure transversale, au dessus et au dessous de laquelle sont quatre figures à mi-corps, assez délabrées, dont l’une représente saint Pierre. Les deux pinacles supportent des anges, l’un dansant, l’autre avec un cerceau.

La porte est divisée par un trumeau en haut duquel est sculpté un écusson supporté par deux lions dont les têtes sont abattues.. L’écusson est mi partie au premier de Savigny, au deuxième à un lion. Ce sont les armes de Valentin de Savigny et de sa première femme : Du Puy, de Gueules au lion d’or. Ceci date sûrement le portail de1516 à 1530.

A l’intérieur, les voûtes ogivales sont soutenues par des moulures qui retombent en s’amortissant sur les piliers cylindriques de la nef, sans chapiteau ni moulures, tandis que ceux du transept et du chœur multi-colonnes avec des chapiteaux peu élevés.

L’édifice est éclairé par des fenêtres ogivales dont les cinq du chœur sont d’un beau style flamboyant à deux meneaux.

Avant la guerre, il existait un intéressant fragment de vitrail. Il portait un double écusson, le premier aux armes de Savigny, le second, celles-ci :

« D’azur à trois étoiles d’or et un ».

Je ne sais pourquoi M. Vincent attribue ces dernières armoiries à Nicole de Vaux, dernière femme de Valentin.. Elles appartiennent à un La Bugnerie.

En 1580, Robert de la Bugnerie est seigneur de Savigny, probablement avec une fille de Valentin et a un fils Louis, également seigneur de Savigny et de Loisy. Il vivait en 1603 et avait épousé Marie d’Esgraux

L’Eglise a heureusement conservé les intéressantes dates tumulaires de Valentin de Savigny (1564), de J. Bricot (1546) et de J. Henriette Alexandre (1603).

Une nouvelle cloche a été baptisée en 1922. L’Eglise avait été classée en 1913. Elle est en reconstruction en 1925.

Le chœur et le transept avaient été complètement détruits, de même le clocher. Heureusement le portail a été sauvegardé et complètement reconstruit dans son ancien style – épitaphes sauvegardées- (1929).

EPITAPHE de VALENTIN de SAVIGNY (1564) Inscriptions anciennes

Les premiers mots sont ainsi écrits « VALENTIN DE SAVIGNY AVEC SES… »et j’ai pu lire sur les coins : « Magdeleine Dupuy qui trépassa le 13 septembre. Louise de Rouvroy qui trépassa en septembre 15.3

AU CIMETIERE DU NORD, A REIMS, à droite de la Chapelle
 

Hic Jacet

Johannes Franciscus

Fournier

Canonicus Titularis Ecclesie

Roemensis Vicarus Generalis

Alm archi presbyter ni opere

Et in sermone

Bonum certamon copertavit curçum

Consummavit fideim servavit in

Reliquo reposite est illi corona justitia

Obiit die 26 novembre 1869

Siste Viator Iter Ora.

RIP

  J. Fr Fournier, curé de la cathédrale de Reims, né à Savigny le 21 janvier 1804. Sur la même tombe, épitaphe de son père Prix Antoine Fournier (décédé à Rethel en 1844) et de sa mère Marie Magdeleine Bataille (décédée en 1859)

SUR LA PLACE, UN MONUMENT AUX MORTS, portant les noms de quinze enfants de Savigny a été inauguré le 27 août 1922.Colonne et victoire aux ailes déployées.

EPIGRAPHIE

Dr. Vincent : 345 : Epitaphe J. Bricot 1546

347 : Valentin de Savigny, 1564

350 : Veuve J Alexandre 1603.

353 Valentin de Savigny, 1673.

 FAMILLES

A côté des grandes familles seigneuriales les Savigny surtout, deux ou trois autres méritent une courte mention. D’une simple et solide bourgeoisie, elles cherchaient à s’élever jusqu’à la Noblesse.

Déjà, on a vu le curé Jérôme Lafrique, à la fin du 16e siècle, prendre le titre de seigneur de Savigny, parce qu’il possédait 3 arpents et demi sur le terroir.

Les Alexandre constituaient une famille de notaires héréditaires dont on retrouve els noms dans les actes publiés au 16e et 17e siècle (Jean en 1508).

Bertrand Alexandre eut pour fils, vers 1520, Barthélemy Alexandre qui fut Maître des arts de l’Université de Paris puis fut remarqué par le cardinal de Lorraine qui en fit un recteur de l’Université de Reims en 1555. C’était de plus un bibliophile dont on connaît le fer à dorer.

Dans l’église de Savigny est l’épitaphe rimée de la veuve de Jean Alexandre. Au bas, il est dit que l’épitaphe fut faite par N. Alexandre, seigneur de Courcelles et B Alexandre. M. Vincent n’a pu identifier de Courcelles. C’était un petit fief que l’un des notaires  Alexandre s’était constitué au sud du terroir, vers Crécy, où existait encore, au 18e siècle, un bois de ce nom.

Jeanne Alexandre de Courcelles avait épousé en premier mariage Philippe de Mélin, d’où Madeleine qui épousa Charles de Coustre en 1661, Roland de Mecquenem en 1679. (Elle aurait aussi épousé Ponce de Derny en 1676)

Les Wibert étaient originaires d’Annelles. Jean Wibert aurait épousé Barbe de Malval. J. B, son fils, se marie en 1704 avec Madeleine Guery, fille d’un ancien garde du corps du Roy. Il mourut en 1727 et fut inhumé dans l’église.

Marguerite Wibert, femme de Christophe Ange Buffet, est la mère de l’Abbé Christophe Alexandre Buffet, curé de la cathédrale de Reims ( 1809-1874). Les Wibert avaient des prétentions à la noblesse. Ils avaient, paraît-il, une marque de fer pour les arbres avec un W surmonté d’une couronne de marquis.

Une dame Wibert de Savigny, qui habitait Reims, rue Caqué, au 19e siècle, se servait d’un cachet aux armes des Savigny.

Les Doury ont succédé aux Alexandre comme notaires et comptent, à Savigny, trois générations. Le premier, qui se prénommait Christophe fit élever, à l’intersection de la route de Monthois et du chemin qui descend à Savigny, un haut tertre sur lequel il avait l’intention de placer uns statue colossale de son Patron. Paul D. Puis Félix lui ont succédé. L’étude a été supprimée depuis la guerre.

DEPENDANCES :

Bagot : Auberge et ancien moulin sur le ruisseau d’Andin ou de Bagot et pont sur la route de Vouziers-Sainte Menehould.

Come (La)
 :  « En 1384, les religieux de saint Thierry déclarent : Item, en la ville de La Comme en Retheillois, ont les diz religieux haulte justice moyenne et basse et si a environ XL jours de terre et ne valent mie le labourage »

Grosse ferme au NO du terroir. Appartenait dès 1209 à l’Abbaye de saint Thierry. Les près du même nom, sous Falaise, étaient vers la même époque aux religieux de saint Remi. En 1215, ils cèdent aux Templiers ce qu’ils ont  à Condé, Claire Fontaine etc…
réserve faite des « Prés de la Come ».

«  Sciendum insuper quod de prato constituto in loco qui Coma dicitur milla sit concessio sive proestitio, sed illudsicut ante possede bonus cum proedictis fratibus pro indivisio possedebimus »

Dans la même prairie, une donation fut faite en 1457 ( 12 septembre) par Gobert d’Appremont et Marie de Messon, sa femme aux religieux de Belval. Savoir : 18 fauchées de pré au ban finage et prairie de la Come, 15 fauchées tenant au bois le Bidault vers Savigny, 3 autres fauchées dans la prairie de la Come, una autre au lieudit ville, finage et ban de la Come. Les prés aliénés par Belval furent rachetés, en 1611, à M. de Richecourt.

Au 16e siècle, le domaine de La Come (ou La Comme) comprenait 197 arpents de terre, 44 fauchées de pré. Il avait une Justice commune avec Ide et Sirienne. Les fermiers étaient paroissiens de Savigny et le curé de ce village recevait, de ce chef, au 18e siècle, une redevance de 10 * de l’Abbaye de saint Thierry. La Come était affermée 520*, 30 septiers d’avoine et 30 de froment en 1718.

Ce fut peu de temps après que la ferme passa à l’Abbaye de saint Remi sur qui elle fut saisie à la révolution. Elle fut mise à prix, en mars 1791, pour 24.970 livres.

 Ide : Cette localité, depuis longtemps détruite, tenait son nom du ruisseau voisin l’Ide, depuis Idain, Aidin.  «  Comme la plupart des noms de rivière, celui d’Ide, Ida, est le plus ancien et peut-être  pré-celtique. Il y avait des montagnes de ce nom, Ida, en Crête et en Phryge ».

 M. Vincent avait d’abord fixé son emplacement à l’Ouest de Bailla. Des trouvailles faites en 1898 ont permis de le reporter plus à l’Est : « à 380 mètres ouest de La Come et 400 mètres au nord est de Bailla, non loin des terroirs de Vouziers et de Sainte Marie ».

Le nom est d’abord orthographié Yde, Yda puis Ide. Le village avait une église. Altaria de Ida de Thélines (1126) en dépendaient (1148), la Chapelle de Vouzieers et deux parts de dîmes. Elle était à Saint Thierry a qui l’archev^que Guillaume donne, en 1182, le trecens qu’y percevait J. de Coucy, soit 10 set. D’avoine, 5 de froment, 5 d’orge et 2 sols, 6 deniers.

En 1214, Henri de Vouziers cède à l’Abbaye de saint Thierry une rente sur les moulins de Vouziers, auxquels

Les habitants d’Ide et de Sirienne avaient le droit de franche mouture et lui accorde, pour ses troupeaux, des mêmes maisons (Suriana et Ida) la pâture dans les prés au delà de l’Aisne et le droit de parcours dans toute la seigneurie.

Lorsque saint Thierry échangea les moulins avec les Templiers( 1271), ils réservèrent le droit de mouture pour leurs fermiers.

Le nom est encore cité dans les titres du 18e siècle. Don de Aalis, veuve de Morand de Saulx aux Templiers de Serres ans l’une (1230) : « Derrière Ide », don aux mêmes du Sieur de Fonteneau de 1 jour ½ de terre au terroir de Ide, près de celui de la Chambre aux Loups.

Une sentence arbitrale de juillet 1317, entre le chapitre et l’abbaye de saint Thierry, décide qu’à celle-ci appartiendra la dîme de six pièces de terre au terroir d’Ide, contenant trente six journaux. Au chapitre est adjugé la dîme de trente quatre journaux sur sainte Marie et Théline.

Le Terrier de Rethel (14e siècle) indique Serain que Ide, La Come et la Chambre aux Loups comme des maisons appartenant à plusieurs religieux.

Il est certain que le village n’existait plus en tant que paroisse et probablement depuis la seconde moitié du 12e siècle. D’après les quelques fouilles faites en 1898, il se composait d’une vingtaine d’habitations, avec deux rues orientées E.O. Au sud était l’église et le cimetière sur l’emplacement duquel on a exhumé quelques squelettes.

En 1384, saint Thierry n’y avait plus de religieux parce qu’il n’y avait pas de quoi vivre.

Une ferme seule survécut et paraît avoir été détruite peu d’année après la rédaction du Terrier.

Les fermiers de ce qui avait été le terroir d’Ide habitèrent désormais La Come. L’existence, en 1771, d’un lieudit « derrière la maison d’Ide » n’indique pas du tout qu’une maison existait encore  à cette époque. C’est un souvenir de la ferme depuis longtemps disparue.

De même qu’une région de la prairie, rive gauche de l’Aisne, portait le nom de La Come, une autre, voisine, s’appelait les Ides de Falaise. C’étaient des près dépendant de la cense de saint Thierry.

 Mayange : Moulin sur l’Aidin, entre Bagot et Bailla. Son orthographe a varié : Mariange (1325), Moenges (1348), Maiange (1377), Mayenges (1395) Maienge (1408), Maiange ( 1717), Mayance (par erreur sur la carte de Cassini).

Comme tout ce qui dépendait de Savigny, le moulin était pour moitié aux seigneurs du lieu, l’autre moitié étant au Comte de Rethel. Ainsi, celui-ci, en 1391, percevait sur Mayange 24 poussins et 24 oisons et l’affermait en outre  à la femme Martin pour 18 sétiers de grain. Il figure dans les aveux des sires de Savigny du 14e siècle pour leur moitié. En 1348, il rapportait à Guillemin de Savigny 10 livres par an.

Le 13 avril 1717, au nom des seigneurs d’alors, les Mecquenem, Louis de Gentil, seigneur de Semide, l’affermait à Gustave Etienne et Thomasse Adam sa femme par bail de 29 ans, pour 330 livres par an.

Il semble qu’à cette époque, les Comtes de Rethel n’y avaient plus aucune part.

M. Vincent cite une quittance de Germain Desfosses, Censier de la maison saint Ladres de Bourcq, de ce qu’il avait reçu pour mener à Reims la meule du moulin de Mayange (  probablement pour empêcher l’ennemi de s’en servir ) 1389.

En 1770, le meunier Payer fait marché pour deux meules au prix de 350 livres.

C’était encore un Payer, d’une famille qui compta de nombreux meuniers dans la région, qui exploitait Mayange lors de sa suppression.

Une vente aux enchères eut lieu le 10 octobre 1880. On vendit deux paires de meules montées dont un très bonne, une autre vieille paire, deux bluteries, deux roues hydrauliques à bac et tous les accessoires et aussi les arbres du verger à abattre. La maison fut abandonnée et tomba en ruines.

 Mesmont : Aux archives des Ardennes ( C651) est l’indication d’un acte de foi et hommage de Henri François, Comte de Mouzay, seigneur de Savigny, y demeurant  à M. Frémin, comme seigneur des Grandes Armoises, pour le fief de Mesmont situé à Savigny (17 juillet 1771). Malheureusement, ce n’est qu’une simple mention. Il eut été intéressant de situer ce Mesmont car il pourrait peut-être expliquer les Medinsmons du Cartulaire de Gorze que M. Vincent place à Semide.

Cet H. F, Comte de Mouzay, habitait bien Savigny sur Aisne lors de son mariage, en 1751, avec Catherine Angélique, Comtesse de Montbéliard de Franque mont.

Quincampoix : Barthélémy de Bourcq cède, en 1161, aux religieux de saint Thierry, un moulin construit «  inter Cynquembois et Mayengem ».

En 1341, le Prieur de Crecy acquiert 4 sols de cens sur dix fauchées de prés au ban de Savigny, lieudit Quoquepoix, delà le chemin qui va de Savigny à Sugny.

Cet acte permet de fixer, à peu près, l’emplacement de Quincampoix qui était au nord du chemin de Savigny Sugny et près du ruisseau puisqu’il s’agit de prés. Il devait être à peu près à l’emplacement actuel de Bagot. Ce qui confirme cet opinion, c’est qu’il existe, tout près de Bagot, un lieudit Pic de Poix (coupé par la route au N de Bagot).

Quincampoix = Qui qu’en poix. Poiser = chagriner. Synonyme de Qui qu’en grogne.

 Autres lieux-dits

Nantilly : Contrée comprenant autrefois 72 arpents (Lantilly en 1284), appartenait aux commandeurs de Boult.A l’extrémité Nord du terroir, empiétant sur celui de Vouziers. En 1898 furent trouvés en ce point des débris d’amphores, un vase intact, du charbon et des cendres. Tout cela est certainement de l’époque gallo-romaine.

 Germaine : Lieudit au sud du village, à l’Est du chemin de Brières, dit aussi Les Germains. Il y a un bois de Germaine et une ancienne dénomination. Les vieilles vignes, ou vignes des basses germaines. Y a-t-il eu une habitation en ce lieu d’où seraient venus les seigneurs de Germaine ?

Le Prieuré - Devant les roches : Près de l’ancien lit de l’Aisne.

BertignyMoulin à vent (au sud) –

Bouvon  (vers Crecy)

Montbrechan (Vers Sugny)

Ethilonge( vers saint Morel).*

 Biographies : Alexandre, Fournier, Bouchereaux, Grossin, Buffet, Savigny (Christophe de) Fouriaux.

 Schélandre : (famille de) seigneur de Tourteron et Châtillon sur Bar. Originaire d’Allemagne. D’Azur à la fasce de sable remplie d’argent, chargé de trois merlettes de sable.

 Schulemberg (Jean de) Famille naturel d’Allemagne et qui essaya de se rattacher à une vieille famille brandebourgeoise de ce nom. En réalité elle devait s’appeler Chuldeberg. Jean 1er de Chuldeberg a été naturalisé en 1488.Son arrière petit fils, Jean 3, né au château de Guincourt en 1589 est célèbre par la défense d’Arras en 1654. Il fut créé Maréchal de France le 16 juin 1658. Il est mort au Mont de Jeu le 25 mars 1671.

Armes : De sable à quatre épées d’or en chef coupé d’azur.

Aléas : De sable au chef cousu d’azur, chargé de quatre épées d’argent, les gardes d’or.